haiku classique japon 2 eme partie

Seiho AWANO

Seiho Awano, de son vrai nom Toshio Hashimoto, est né en 1899 à Takatori, dans la province de Nara. Il a commencé à s'intéresser au haïku en 1915. En 1917, il a rencontré Kyoshi Takahama (1874-1959), héritier de Shiki Masaoka, et il est devenu l'un de ses élèves. En 1923, il s'est installé à Osaka. En 1929, il a fondé l'école Katsuragi et une revue mensuelle de haïkus du même nom qu'il a dirigée jusqu'en 1989, année où il l'a transmise à Toge Morita. Il s'est converti au catholicisme en 1947. De 1969 à 1988, il a beaucoup voyagé et visité plusieurs pays d'Asie et d'Europe. Il est mort le 22 décembre 1992. Il a publié les recueils de haïkus: Manryo (Les Grains d'ardisia; Seiho kushu kanko kai, 1931), Kunihara (Le Territoire national; Tenri Jiho Sha, 1942), Haru no tobi (Le Milan du printemps; Shorin Shin-Kocho, 1952), Momiji no ga (La Fête des feuilles rouges; Katsuragi Hakko-jo, 1962), Koshien (Koshien; Kadokawa Shoten, 1972), Ryojin o harau (Enlever la poussière du voyage sur le vêtement; Tokyo Bijutsu, 1977), Fushoshin (Impossible de fixer une épingle: être chauve; Kadokawa Shoten, 1980), Anata konata (Au-delà et ici; Hakuya Shobo, 1983), Joya (La Veille du jour de l'an; Hakuya Shobo, 1986), Seiko (Le Lac Seiko; Hakuya Shobo, 1991) et Uchu (L'Univers; Hakuya Shobo, 1993), ainsi que les recueils en prose: Haiku no kokoro (Le Coeur du haïku; Kadokawa Shoten, 1975) et Shizen fu (La Musique de la nature; Hakuya Shobo, 1984). En 1993, Memugi Fukushima et Alain Kervern faisaient paraître La Pluie, celle d'une histoire ancienne, recueil bilingue d'une centaine des haïkus de Seiho Awano composés entre 1986 et 1990.
Traduction: Memugi Fukushima et Alain Kervern.



kangarasu
ware ni kikaseshi
ese jingo


seppen wa
tengankyô no
tsuyu to naru


chôki tare
nobiru hiashi no
ari nagara


kagerô o
nameyuku ushi no
kagebôshi


haru oshimu
kokoro hisureba
oini keri


kakkô ni
kotaezu tetsu no
kazamidori


ichinin wa
sekkyaku narishi
tozantai


kami arau
sunawachi
kokoro araitaku


hisho buryô
koko ni aru no wa
seisho nomi


seku hito no
hatamata shutô
tochiri keri
Un corbeau dans la bise
M'a raconté
Des balivernes


Flocon tombé
Sur ma loupe:
Goutte de rosée


Drapeau en berne
Quand rallongent
Les jours


Vapeurs de printemps
Un boeuf qui passe lèche le sol
Silhouette


En secret
Le printemps me manque
Je vieillis


Au coucou
Elle ne répond rien
La girouette en fer


Il y en a un
Qui n'a plus qu'une jambe
Dans le groupe d'alpinistes


Je me lave les cheveux
C'est-à-dire
Que je me lave l'âme


L'estivant que je suis
N'a rien à faire
Seule une bible devant moi


La toux
Le fait trébucher
De plus en plus sur le Pater

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Niji FUYUNO     loupe@big.or.jp

Née à Osaka, Niji Fuyuno, pseudonyme de Junko Yotsuya, a habité plusieurs années à Tokyo où elle est décédée le 11 février 2002. Sa carrière a commencé par la peinture où elle exprimait sa poésie par des lignes et des couleurs dans un espace cadré. Puis, étudiante, elle a été touchée par les poèmes de l'anthologie Shinkokin-Shû (Nouveau recueil de jadis et naguère; 1206) et par les pièces de théâtre de Monzaemon Chikamatsu (1653-1724). Une autre grande source d'inspiration a été La Poétique de l'espace, de Gaston Bachelard, qu'elle a lue en japonais. Les mots lui sont venus comme la lumière: la couleur, la ligne et le mot coulaient ensemble. Elle aime explorer les possibilités du poème à forme fixe comme le haïku et le tanka, ces petits cosmos qui donnent l'éternité magnifique. On retrouve ses poèmes dans la revue Mushimegane (Loupe) qu'elle a fondée avec Ryu Yotsuya en 1987. Elle a publié le recueil de haïkus Yuki Yohô (Prévision de neige; Chuseki-sha, 1988); en 1993, son poème Ashita Risu ni (Demain, à l'écureuil) a été mis en musique par Akihiro Komori. Elle projette de publier un conte illustré pour enfants. Elle a coécrit le renku La Corbeille.
Traduction des haïkus: Niji Fuyuno et André Duhaime.



Shiro-kujaku asa me ga sameru toki no netsu
Paon blanc
fièvre
quand je me réveille au matin



Ryôte kara hotaru no umi e katamukeru
Avec mes mains
j'inclinais une corbeille aérienne
vers la mer des lucioles



Nigaki ne no hayasa o udegumi shi taru haru
Le printemps réfléchit
les bras croisés
sur la vitesse des racines amères



Ago no umi ittai nan'no futa kashira?
Mer de poissons volants,
qu'est-ce donc que ce couvercle-ci?



Na ga naku te subesube to suru hanmokku
N'ayant pas encore de nom
donc
ce hamac est lisse et glissant



Minasoko no kusa ni yobare nu haru matsuri
Je suis appelée par les herbes
du fond de l'eau
fête printanière



Shiraume ya toshokan ni kizetsu shite iru
Ah, fleur blanche de prunier!
on s'évanouit
dans la bibliothèque



Ashi no hara manako toji ne ba hibiwareru
Roselière
si je ne fermais pas les yeux
j'aurais des fêlures au coeur



Araumi ya nawatobi no naka garandô
Mer agitée
l'espace dans le cercle de la corde à sauter
est entièrement vide



Awayuki ya hohoeme ba sugu no no usagi
Neige légère
si je souriais
je me changerais aussitôt en lapin de garenne

 
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Article ajouté le 2007-02-21 , consulté 22 fois

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