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CASTELLANE (Reuters) - La statue géante de la secte du Mandarom, près de Castellane, que les forces de l'ordre ont investie mercredi à l'aube, sera détruite dans la journée, a-t-on appris auprès des autorités.
Les forces de l'ordre, accompagnées d'un huissier de justice et de représentants de la préfecture des Alpes de Haute-Provence, ont procédé à l'évacuation de la "Cité sainte" occupée par une quinzaine de fidèles de la secte.
L'intervention des gendarmes a provoqué quelques bousculades et a été accueillie par les cris des adeptes de la secte, mais il n'y a pas eu d'incidents graves. Un "moine" du Mandarom, qui s'était enchaîné au sommet de la statue, en a été délogé manu militari par les gendarmes.
"Nous sommes des pacifistes et nous n'avons pas voulu opposer trop de résistance", a déclaré la présidente du Mandarom, Christine Amory, qui s'est dit "révoltée" mais "décidée à ne pas laisser abattre".
"On assiste là à du terrorisme d'Etat", a-t-elle accusé.
Les opérations de démolition de la statue à l'image du gourou Gilbert Bourdin - 33 mètres de haut et plus de mille tonnes de béton - ont commencé en milieu de matinée.
"La statue ne sera pas détruite de façon chirurgicale mais elle sera 'dynamitée par cisaillement' avec des charges disposées à la base de l'édifice, de sorte que la statue ne tombe pas sur d'autres temples", a déclaré à la presse le préfet des Alpes de Haute-Provence, Bernard Lemaire.
Des bâtons de dynamite seront disposés dans des brèches ouvertes au marteau-piqueur dans le socle de la statue. L'opération doit permettre d'abattre cette dernière sans endommager un petit temple situé au pied de la statue et qui, lui, a été érigé en vertu d'un permis de construire légal.
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Décision de justice
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"J'ai mis en demeure la présidente de cette association de procéder à la destruction de la statue en juin dernier. Depuis, elle a eu largement le temps de s'exécuter, elle ne l'a pas fait", a poursuivi le préfet. "Elle s'est livrée à des artifices de procédures et comme l'appel qu'elle a intenté n'est pas suspensif, nous allons détruire la statue dans la journée", a-t-il ajouté.
Ce sont les services de l'équipement et des entreprises privées de travaux publics du département qui procéderont à la destruction.
Gilbert Bourdin, fondateur du Mandarom et figure controversée, est décédé en mars 1998 à l'âge de 74 ans.
Le 6 juillet dernier, le tribunal de grande instance de Digne a autorisé le préfet des Alpes-de-Haute-Provence à détruire avant le 15 septembre cette statue, qui domine depuis onze ans la commune de Castellane. Conformément à ce jugement, les membres de la secte vivant encore dans la "Cité sainte du Mandarom Shambhasalem" doivent évacuer les lieux pendant deux jours pour permettre la démolition de l'ouvrage.
Construite en quatre mois en 1990, la statue trône au centre d'une vingtaine d'édifices censés représenter "toutes les religions du monde". La plupart ont été érigés dans les années 1970 sur les hauteurs du lac de Castillon, près de Castellane, où la communauté est installée depuis 1968. Le Mandarom, qui a abrité jusqu'à 1.200 "fidèles", ne compte plus que 400 adeptes environ. |